De mères à filles...

Dernière mise à jour : 30 mai


« Pour moi, être mère signifie exercer une maternité sur un monde, un enfant, tout ce qui est précieux, tout ce dont on ne peut permettre qu’il disparaisse et périsse à la surface de la Terre. » Clarissa Pinkola Estes, extrait de Libérez la femme puissante


Sur cette page, vous trouverez des textes qui m'ont touchée et qui parlent de transmission de mère(s) à fille, des mères réelles ou symboliques, archétypales (mère intérieure, mère universelle) Voici un aperçu des textes/thèmes proposés :

> Toutes les mères de Clarissa Pinkola Estès > La mère intérieure de Brigitte Laurent > Rappelez-vous de dire à vos filles de Shiloh Sophia traduit par mes soins, > Et si la transmission, c’était juste une histoire de poupées russes ? d'Amandine Lagarde > Tu seras une femme, ma fille d'Amala Klep Kremmel > Ces filles qui m’ont fait devenir mère de Plume Blanche > L’archétype de la Mère universelle par Lise Bartoli >La mère divine, Notre Mère à tous, par Clarissa Pinkola Estès Par ailleurs, je parle dans cet article plus spécifiquement de l'accompagnement de nos filles en amont de leurs premières règles et du chemin intérieur que cela peut nécessiter...


Toutes les mères, Clarissa Pinkola Estès

"Même si vous avez eu la mère la plus merveilleuse du monde, il n'est pas impossible que vous en ayez d'autres. J'ai souvent dit à mes filles : « Une mère vous a donné le jour, mais avec un peu de chance, vous en aurez d'autres et vous trouverez en elles tout ce dont vous avez besoin ou presque. » Vos relations avec todas las madres, les nombreuses mères, seront vraisemblablement des liens durables, car on a toujours besoin d'être guidée et conseillée, et il doit d'ailleurs en être ainsi du point de vie créatrice des femmes.* Ces liens entre femmes, qu’ils soient liens du sang ou affinités psychiques, rapport entre analysante et analyste, relation de professeur à élève sont d'une importance capitale."

* (note de l'auteure) "C'est l'un des mythes les plus stupides qui soit sur le passage à l'âge adulte : la femme serait complète, elle n’aurait besoin de rien et serait pour les autres et en tous domaines comme une fontaine. Eh bien non, elle continue à être comme un arbre qui a besoin d'air et d'eau, quelque soit son âge. La vieille femme est pareille à l'arbre ; pas de finalité, ni d'achèvement soudain, mais plutôt une majesté de racines et de branches et, avec les soins adéquats, une floraison conséquente. " Clarissa Pinkola Estès, extrait de Femmes qui courent avec les loups p.258


*** La mère intérieure, Brigitte Laurent


"Notre relation au maternel dépend bien évidemment de ce que nous avons vécu avec notre mère. Le plus souvent, la mère est bien intentionnée, mais elle n’est pas « parfaite » et ce qui peut faire souffrance pour l’enfant, c’est le décalage entre la façon dont l’aime sa mère et la façon dont il.elle a besoin d’être aimé. La mère intérieure est un aspect de notre psyché qui reproduit ce que nous avons expérimenté dans notre enfance avec notre mère. Mais cette mère intérieure est aussi constituée par notre expérience d’autres figures maternelles que nous avons croisées, et par toutes les images culturelles de la « mère » dont nous avons été imprégnées. La relation que nous avons eu avec notre père, dans ses dimensions maternelles, participe également de la construction de cette mère intérieure.


La mère intérieure que nous avons intégrée va déterminer notre relation à nous même, notre relation à nos enfants, réels et/ou symboliques, et notre relation aux autres. Comme nous avons été traités enfants, nous nous traitons nous même une fois adulte, et comme nous nous traitons, nous traitons les autres ou nous les laissons nous traiter. Si dans notre enfance nous ne nous sommes pas sentie importante par exemple (ce qui ne veut pas dire que nous ne l’étions pas), une fois adulte nous allons continuer à nous considérer comme pas importante et nous allons laisser les autres nous traiter comme si nous n’étions pas importante. Nous considérerons aussi que nos idées, nos projets, nos créations, ne sont pas importantes.


Il n’est pas possible de modifier le passé et nos premières expériences de vie. Mais il est tout à fait possible de changer le présent et donc la façon dont nous nous traitons. Même pour les femmes qui ont vécu une relation destructrice avec leur mère dans l’enfance, il est possible de reconstruire la mère intérieure et de faire cicatriser les blessures. C’est cela que veut dire ‘devenir une bonne mère pour soi ». Et c’est ce qui permet par la suite d’être une « bonne » mère pour les autres. Je vous rappelle qu’une « bonne mère » ce n’est pas une mère parfaite, c’est une mère « suffisamment bonne » (concept emprunté avec beaucoup de joie à Winnicott!).


Dans cette réparation de la mère intérieure, intervient alors la Mère Sauvage (terme de Clarissa Pinkola Estes). S’il est important de couper le « cordon psychique » avec notre mère, il est fondamental de chercher et de nous connecter à notre mère sauvage, mère emplie de sagesse, qui nous aide à nous connecter à notre nature profonde, à notre richesse et à notre puissance intérieure." Brigitte Laurent


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"Rappelez-vous de dire à vos filles d'écouter l'histoire que leur corps raconte, d'utiliser leur esprit plein d'imagination, de laisser leur cœur leur montrer le chemin.

Dites-leur que leurs yeux peuvent voir l'invisible, leurs oreilles entendre le rythme de la Terre, leur nez pressentir les sentiers cachés.

Dites-leur que chacune de nous a ses propres informations, que nous sommes les auteures de notre propre histoire, que nous pouvons choisir comment nous montrer.


Dites-leur que tous les systèmes ne sont pas adaptés à nous, que certains sont conçus pour nous limiter ; invitez-les à remettre en question toutes les structures !


Dites-leur que leur créativité n'a rien à voir avec le talent ; elle est l'accès à leur monde intérieur et les conduira à leur mission de vie.

Dites-leur qu'elles ont un lien direct avec le divin, que leur intuition est un cadeau à explorer et qu'il leur appartient de développer leur conscience.

Rappelez-vous de dire à vos filles que nous ne pouvons pas faire tout cela seules, nous n'avons pas à le faire seules. Rassemblons-nous toutes en cercles pour hurler à la Lune !"


Shiloh Sophia - « Remember to tell your daughters » (traduction par mes soins)


Un grand merci à Maëlla pour sa participation (en photo).


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« Tu portes en toi le don de la vie. En plus de ta magnificience, tu as une myriade de dons créatifs. Mais afin de les offrir au monde, chaque mois, quand la lune s’assombrit et que ton sang commence à couler, tu dois t'autoriser à te reposer, à rêver, à te recharger, à écouter ton monde intérieur. C’est le mystère sacré des femmes. C’est le don de la lune. »


Extrait de « Rejoindre la Lune » de Lucy H. Pierce, traduit par Zoe Genet Berthoud, un magnifique livre en vente sous forme de d'offre (avec le Fil Rouge)


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« Petite, j’imaginais ma lignée de femmes comme un encastrement de poupées russes. Moi bien en sécurité au centre, enveloppée par ma mère, ma grand-mère, et mes ancêtres disparues. C’était si doux d’être la plus petite poupée. J’ai compris récemment, en voyant une image illustrant une petite fille dans le ventre de sa mère, et portant déjà toute une vie d’ovules, que je n’étais pas si loin de la réalité. Et si la transmission, c’était juste une histoire de poupées russes ? Être contenue, jamais oppressée. Savourer la certitude d'occuper sa juste place ; s'autoriser, pourtant, à quitter le clan, à se défaire, à s'ouvrir, à s'éloigner de sa lignée... et à revenir. Trouver autant de sources d'inspiration qu'on distingue de poupées autour de nous ; grandir, accueillir et envelopper une, puis deux, puis toute une cascade de petites poupées.» Amandine Lagarde, doula (extrait de l'article "On m'a dit que j'avais ses yeux" Rêve de femmes N°51 - Grand-Mère petite fille, une transmission essentielle) Rêves de femmes propose une offre transmission, composée de trois numéros de la revue en format PDF : Rites des Premières Lunes / Les relations mère-fille / Grand-mère, petite-fille, une transmission essentielle

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« Un poème de moi à vous, de nous à elles... Pour que nos filles, intérieures et extérieures, aient, elles aussi, un parchemin pour traverser la vie. Rudyard Kipling en a offert un aux hommes, il était temps que nous ayons le nôtre. » Amala

Poème à l'attention de nous autres, femmes, qui n'avions pas eu la chance d'être adressées par le magnifique poème de Rudyard Kipling (vous pouvez l'écouter ici, lu par six femmes (dont Amala)


« Tu seras une femme, ma fille


Si tu peux écouter les avis qui t’entourent Sans les prendre pour acquis ni te braquer d’emblée Comprendre que chacun regarde le monde autour Pour y trouver du sens ou y panser ses plaies


Si tu peux reconnaître dans tes yeux la beauté Te libérer du doute, des critiques et des peurs Apercevoir l’ombre dans ton intimité Avant de t’écrier qu’on vole ton bonheur


Si tu peux prendre soin de ce corps merveilleux Qui t’offre de vibrer aux cycles de la Lune Et relier ton cœur à la Terre et aux cieux Honorant la Déesse en laquelle nous sommes Une


Si tu peux prendre amant, sans chercher à combler, Ou un homme tendre et fort, dont l’âme épouse la tienne Si tu peux le guider pour être apprivoisée Et par lui découvrir tes dons et ce qui saigne


Si tu peux pardonner la faiblesse de tes mères Et voir au travers d’elles la flamme divine des sages Quand le soir tu t’endors remercier leurs lumières Qui ont, comme elles ont pu, préparé ton passage


Si tu peux rêver grand et croire en l’impossible Si tu peux percevoir la voix des guides la nuit Confiante d’être aimée d’un amour indicible Qui ne te quitte pas même quand tu faiblis


Si tu peux retrouver les mains des autres femmes De vos danses, chants et mots guérir vos blessures Former ensemble un cercle qui unisse vos âmes Et inspirer les autres à baisser leur armure


Si tu peux accueillir les saisons des années Méditer leurs leçons et célébrer leurs rites Pour écouter le chant des expériences passées Et tisser leurs histoires en l’ouvrage de ton mythe,


Alors la Vie, ma douce, ma belle enfant en fleur, Sera à tout jamais ta plus fidèle amie Et ce qui vaut bien plus que les titres, les honneurs, Tu seras une femme, ma fille ! »


Amala Klep Kremmel


Art : portrait de Claudia Tremblay


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Ces filles qui m’ont fait devenir mère


"Je remercie profondément mes filles qui m’ont permis de me poser des questions, des questions sur ma lignée de femme, des questions autour du féminin sacré et bafoué, de la relation avec l’homme et sa place, de nos rôles, de notre réceptivité, de notre puissance, de notre créativité.

Elles m’ont appris à dépasser la dualité, douce réconciliation via la complétude et l’union.

Ce ne sont pas des réponses, mais des questions que je souhaite partager avec vous.
Interroger notre âme, car l’âme-agit. Qu’est-ce que je souhaite transmettre ? Regarder notre lignée de femmes, d’où venons-nous ? Que m’ont transmis les femmes de ma famille ? Dois-je couper des liens qui ne sont pas dans mes valeurs, dans mon âme ? Quelle place avait l’homme chez moi ?

Être une femme dans un monde d’hommes. Oserai-je être une femme ou préférerai-je me comporter comme un homme ?
Je choisis l’harmonie ou le conflit ?
Je prends les armes ou je souris à la vie ? Je crie ou je chante ? Être mère.
 Don de soi sans attente ou redevance ?
 Élever, partager en respectant l’autre ou le façonner ? Mère universelle ou mère empoisonnante ?
 Tu ne me dois rien ou regarde ce que j’ai fait pour toi ? Nos liens.
 Les liens filiaux sont-ils plus importants que les liens d’âmes ? Ai-je un droit sur toi ? Ai-je des attentes pour toi ? Est-ce que je te respecte dans ton individualité ?
 Femmes ? Quels sont nos rôles ? Avons-nous peur d’être des sorcières ? Avons-nous peur de notre puissance ? Osons-nous créer ? Reconnaissons-nous les prédateurs ? Quel est notre rapport avec la notion du sacrifice ? Pouvons-nous entrer dans notre douceur ? Crois-tu à la magie ? Te fais-tu confiance ? Aimes-tu ton corps ? Te juges-tu ? Écoutes-tu ton corps, tes ressentis ? Oses-tu être naturelle ? Aimes-tu les femmes ? Gratitude à mes filles, et à toutes ces jeunes filles qui entrent dans ma vie, belles, douces et rayonnantes.
 Nous avons beaucoup à apprendre de vous, et de vos consciences éveillées. Je remercie aussi ma mère qui m’a appris à pardonner."

© Plume Blanche (extrait de la revue Rêves de femmes sur le lien mère-file)Rêve

L’archétype de la Mère universelle


Dans son livre Dominer sa part d'ombre, Lise Bartoli évoque la Mère universelle comme faisant partie des archétypes issus de l’inconscient collectif (contes, mythologie) mais qui peuvent s’éveiller en nous grâce à notre imagination et représenter ainsi encore plus puissamment notre partie inconsciente, cette partie de nous qui saura trouver les « bonnes recettes ».


« La mère universelle est celle que l'on aurait souhaité avoir : celle qui cajole, qui caresse, qui contient. Celle vers qui on aime se réfugier quand on a mal ou quand on a besoin de recevoir de l'amour. Car la mère universelle donne de l'amour sans condition à qui en a besoin. Elle sait entendre et consoler les douleurs de l’âme. Elle enveloppe et réchauffe les cœurs qui pleurent.

Certains penseront à la Vierge Marie. D'autres imagineront peut-être leur grand-mère disparue ou une adulte consolante qu'ils auront croisée lorsqu'ils étaient petits… Peu importe l'apparence que prend la mère universelle, c'est son rayonnement qui importe. Un rayonnement chaud et chaleureux, comme le ventre maternel. Un rayonnement dans lequel on a envie de se loger et de se laisser porter. » Lise Bartoli En termes "jungiens", la Mère Terre est un miroir de l’archétype de la bonne Mère : la source d’abondance et de protection, d'où le fait que de nombreux peuples dans le monde honorent la Mère Terre.


"Notre Mère à tous", la mère divine, infiniment compatissante et infiniment aimante, Clarissa Pinkola Estes lui a dédié un très beau livre Libérez la femme puissante. Elle évoque les différentes formes qu'elle prend. Parmi elles, la vénérée Notre Dame de Guadalupe et ses paroles prononcées lors de son apparition au Mexique en 1531 : « Les mots de Notre Dame de Guadalupe sont à mes yeux et aux yeux de beaucoup les plus beaux les plus sublimes, les plus dynamisants que Notre Mère nous ait jamais adressés. »


Bénédiction de Notre Dame de Guadalupe


« Aurais-tu oublié ?

Je suis ta mère.

Tu n’es pas seule. Tu es sous ma protection.

Tout ce dont tu as besoin.

Demande-le-moi.

Ne te fais aucun souci.

Ne suis-je pas là,

Moi qui suis ta mère ?

Aurais-tu oublié ?

Je t’aime, et

Tu es sous ma protection. »




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